Troubles menstruels de l’adolescente : des prostaglandines à l’origine d’une des 1ères causes d’absentéisme de courte durée au travail ou en milieu scolaire

Les troubles attribuables aux cycles menstruels sont la dysménorrhée, le syndrome prémenstruel, les douleurs pelviennes et les hémorragies anormales. (1) Bien qu’ils soient le plus souvent sans gravité, ces troubles menstruels peuvent être invalidants et anxiogènes.

La dysménorrhée : un trouble primaire et fonctionnel sans gravité mais pas sans conséquences

Elle ne doit pas être négligée et nécessite parfois la réalisation d’un bilan. En effet, une dysménorrhée qui résiste à un traitement bien conduit pourrait être secondaire à une anomalie anatomique(1).
Plus d’une adolescente sur deux en souffre : ce syndrome douloureux paroxystique à type de colique s’associe dans plus de la moitié des cas à des symptômes généraux : nausées, fausses diarrhées, céphalées, asthénie, vomissements, lipothymie(1).


On comprend pourquoi elle est l’une des 1ères causes d’absentéisme de courte durée au travail ou à l’école chez les adolescentes.(1)
Le retentissement psychoaffectif et social n’est également pas négligeable. (1)


En Suède, 72% des jeunes femmes vivant en ville déclarent souffrir de dysménorrhée. Environ 15% des adolescentes jugent ce trouble sévère.
Aux Etats-Unis, le niveau d’absentéisme lié à ce syndrome atteint 14 à 52% chez les adolescentes. (2)

Quel est le mécanisme physiopathologique de la dysménorrhée ?

Les menstruations sont précédées par une chute de progestérone et une libération d’acides gras oméga-6, en particulier l’acide arachidonique. Cela entraîne l’augmentation de la production de prostaglandines et de leucotriènes au niveau de l’endomètre. La réponse inflammatoire, médiée par ces substances, se manifeste à la fois par une augmentation des contractions du muscle lisse, par la vasoconstriction des artères myométriales et par des signes généraux évoqués précédemment(1,2).

Pfizerpro / Dysménorrhée / Physiopathologie de la dysmenorrhee

Une prostaglandine en 1ère ligne

Les contractions et la vasoconstriction à l’origine d’ischémie et de douleurs utérines sont des effets attribués à la prostaglandine F2 alpha (PGF2 alpha), métabolite de l’acide arachidonique formé grâce à l’action d’une enzyme cyclo-oxygénase. (2)
Il a été établi que cette prostaglandine spécifique était en quantité 4 fois plus élevée au premier jour des menstruations chez les patientes non traitées souffrant de dysménorrhée comparativement aux femmes indemnes de ce syndrome. (2)
L’intensité des crampes et des symptômes associés semble directement proportionnelle au niveau de production de la PGF2 alpha. (2)

Traitement

Les Anti-Inflammatoires Non Stéroïdiens (AINS) représentent le traitement le plus couramment utilisé dans le cadre de la dysménorrhée. (2) Il est important de traiter à doses suffisantes et suffisamment tôt. (1)

Pfizerpro / Dysménorrhée / Prise en charge des dysmenorrhee.

Malgré son importance, la dysménorrhée reste sous traitée : 65% des jeunes femmes déclarent en souffrir et seulement 2% rapportent avoir reçu une information sur les menstruations de la part des professionnels de santé.
Le plus souvent, elles ne se traitent pas ou ont recours à des produits d’automédication (antalgiques) qu’elles ne prennent pas à dose suffisante. (2)


Le médecin traitant dispose d’une position de choix pour aborder le sujet, informer la jeune patiente, lui apporter une solution thérapeutique efficace (traitement adéquat, posologie et précautions d’emploi nécessaires) et ainsi améliorer de façon significative sa qualité de vie. (2)

La conduite d’un interrogatoire complet comprenant l’âge des premières règles, l’histoire de l’apparition et le type des symptômes, la réponse aux antalgiques, le statut sexuel et contraceptif, les performances professionnelles ou scolaires, l’absentéisme, l’histoire familiale des troubles menstruels est essentiel pour apporter une réponse optimale. Il permet également d’identifier précocement la présence d’une pathologie primaire : malformation utéro-vaginale, endométriose(1,2)


Références:
(1) Berlier P. Les troubles menstruels de l’adolescente. Journal de Pédiatrie et puériculture 2010;23:311-3
(2) Zeev H. Dysmenorrhea in adolescents. Ann N.Y. Acad Sci 2008;1135:185-95
(3) www.ameli.fr – Le traitement des règles douloureuses (consulté le 03/07/2017)