Dysménorrhée ou algoménorrhée : mieux comprendre pour mieux traiter

50 à 70% des adolescentes ont une dysménorrhée permanente ou occasionnelle, et 15 à 20% d’entre elles doivent limiter leur activité au moment des règles et même s’aliter. (1)

Une douleur parfois très violente

La douleur pelvienne, parfois lombaire, est d’intensité variable. Supportable chez certaines femmes, elle peut être brutale, paroxystique, intense et s’accompagner d’autres manifestations telles que lipothymies, nausées, troubles intestinaux et migraine chez d’autres. (1)

La genèse de la douleur

Selon Quéreux et al, la douleur menstruelle est l’expression d’une hypoxie tissulaire consécutive à l’hypercontractilité du myomètre et à la vasoconstriction de ses artérioles. (2)

  • La contractilité du myomètre
    Chez toute femme en période menstruelle, l’utérus se contracte (de façon proche de celle du travail) toutes les 1 à 4 minutes.
    Chez une femme qui souffre d’algoménorrhée, le tonus de base de l’utérus est élevé, l’amplitude des contractions importante et il n’y a pas de retour au tonus de base entre les contractions. La fréquence est également augmentée. Cette hyperactivité entraine une ischémie douloureuse du myomètre. (3)
  • Les prostaglandines
    L’hypersécrétion endométriale de prostaglandines est le principal facteur étiologique de la dysménorrhée essentielle ou fonctionnelle. (1)
    L’endomètre humain synthétise des prostaglandines PgE2 et PgF2 en faible quantité pendant la phase folliculaire, puis en quantité croissante pendant la phase lutéale.
    Au niveau des cellules musculaires lisses de l’endomètre, les prostaglandines augmentent la polarisation membranaire et agissent sur le flux de calcium. (3)
    La PgF2 est utérotonique et vasoconstrictrice. La production trop importante de prostaglandines et/ou un déséquilibre entre les différentes prostaglandines peut donc provoquer des phénomènes constrictifs douloureux. (1)
    Les femmes souffrant d’algoménorrhée ont une production accrue de prostaglandines dans le sang menstruel et dans l’endomètre. (3)
  • Des facteurs cervicaux
    On sait depuis peu que des facteurs cervicaux peuvent aussi être mis en jeu via les prostaglandines : si le sang menstruel stagne dans la cavité utérine (sténose cervicale), les prostaglandines ne sont pas évacuées et sont réabsorbées par l’endomètre. (3)
  • Des facteurs hormonaux
    La douleur apparaît que lors de cycles ovulatoires, mais également lors de cycles non ovulatoires avec constitution d’une muqueuse de type sécrétoire. Ce qui explique qu’il y ait des douleurs sous pilule séquentielle (qui laisse constituer la muqueuse sécrétoire) mais pas de douleur sous pilule combinée (pas de constitution de muqueuse). (3,4)
    La douleur est donc liée à la progestérone qui augmenterait la synthèse des prostaglandines et leur liaison avec les cellules du myomètre.
    La vasopressine, puissant stimulant de l’utérus au moment de l’ovulation, a une action vasconstrictrice directe sur les vaisseaux. (3)
  • Des facteurs psychologiques
    Longtemps surestimés, les facteurs psychologiques semblent n’être que des facteurs modulants pouvant par exemple diminuer le seuil de la douleur chez des femmes fragilisées. (3)

L’importance de la douleur chez certaines patientes et les conséquences qu’elle entraîne justifie de recourir à une prise en charge médicale efficace(1).
Un traitement à visée symptomatique, tel qu’antalgique ou antispasmodique, peut suffire dans des formes mineures.
Le traitement physiopathologique antiprostaglandine, à débuter dès le début des règles, a fait la preuve de son efficacité. Plusieurs spécialités sont disponibles.
Les inhibiteurs de l’ovulation (estroprogestatifs normodosés voire minidosés, progestatifs macrodosés) peuvent également être proposés(3).


Références:
(1) Pélissier Langbort C. Les dysménorrhées et leur traitement médical. Extrait des Mises à jour en Gynécologie Médicale. Volume 2005. 30.11.2005
(2) Quéreux C, Graesslin O, Gabriel R. Les dysménorrhées. In : Traité de Gynécologie Médicale 2004; 135- 152, Ed. B. Blanc, C. Jamin, Ch. Sultan
(3) CNGOF : item 292 : Algies pelviennes chez la femme. 2011-12
(4) HAS. Méthodes contraceptives : focus sur les méthodes les plus efficaces disponibles. Document de synthèse. Mise à jour janvier 2015

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