Prise en charge par voie locale de la vulvo-vaginite atrophique

La carence estrogénique liée à la ménopause peut être responsable d’une atrophie vulvo-vaginale (AVV) ou vulvovaginite atrophique (VVA) qui se traduit par de nombreux troubles génitaux, tels que dyspareunie, sécheresse et brûlures vaginales. Elle entraîne également des troubles urinaires, parmi lesquelles des urgenturies, nycturies ou infections urinaires récidivantes. (1)

Ces troubles fréquents et responsables d’une altération de la qualité de vie des femmes ménopausées (1) restent insuffisamment diagnostiqués et traités (2), d’autant que le recours à une hormonothérapie substitutive par voie générale n’est pas systématique, notamment depuis les résultats de la Women’s Health Initiative. (1)

Pour prendre en charge ces troubles, il existe des solutions locales de profils différents : hormonales, non hormonales, voire interventionnelles, comme par exemple le recours à certains lasers. (3,4,5)

    Les traitements non hormonaux
    Les traitements non hormonaux sont représentés par les lubrifiants et les hydratants. Ce ne sont pas des médicaments. (5,6)
  • Les lubrifiants s’utilisent avant et pendant les rapports pour limiter les irritations consécutives aux frictions. Ils n’agissent pas sur l’atrophie.
  • Les hydratants peuvent réduire la sécheresse vaginale et diminuer le pH, mais n’agissent pas sur l’anatomie. (6)
Ils sont adaptés aux femmes qui ne souhaitent pas avoir recours à des hormones ou aux patientes à risque avec des antécédents de cancer hormonaux dépendants notamment.(5) Le recours aux probiotiques semble par ailleurs prometteur, il fait aujourd’hui l’objet de nombreux travaux. (7)

Les traitements hormonaux locaux
Lorsque cela est possible, un traitement hormonal local peut être proposé.(1) L’objectif de ces traitements est de restaurer la physiologie uro-génitale et de soulager les symptômes. (5)

Pour évaluer l’apport du traitement estrogénique par voie locale sur ces troubles urogénitaux liés à la ménopause, T. Benoit et al. ont réalisé une revue de la littérature de janvier 1983 à décembre 2014. (1)

    • Résultats au plan génital (dyspareunie et sécheresse vaginale) (1) :
      Une méta-analyse de 19 essais contrôlés versus placebo ou traitements locaux non hormonaux a montré que l’estrogénothérapie locale apportait des bénéfices importants dans l’amélioration des troubles génitaux liés à la ménopause. Tous les traitements hormonaux locaux ont prouvé leur efficacité dans le traitement de ces symptômes.
    • Résultats au plan urinaire (1) :
      Des études randomisées et méta-analyses mettent en évidence une diminution significative des infections urinaires dans le groupe sous estrogénothérapie locale par rapport au placebo. On note également une diminution significative du pH vaginal après 8 mois de traitement, accompagnée d’une augmentation significative de la colonisation par lactobacille. Deux points qui interviennent directement dans la diminution du risque infectieux urinaire.

      De nombreux travaux ont également établi le bénéfice d’un traitement estrogénique par voie locale sur l’incontinence urinaire. Par exemple, les travaux de Cody et al. montrent une diminution significative du risque d’incontinence dans le groupe sous estrogène local versus placebo ou absence de traitement (RR = 0,74 ; IC95% : 0,64-0,86). (1,8)

      Comme le montre le travail de Simon et al. réalisé auprès de 1000 femmes américaines ménopausées de 55 à 65 ans et leurs partenaires, les bénéfices obtenus grâce aux traitements se répercutent sur la vie quotidienne des patientes avec notamment une amélioration significative au plan de leur vie intime. Il est à noter que ce bénéfice est relevé également par leurs partenaires. (9)


D’après Simon et al.

    • Tolérance des traitement locaux :
      Du fait de la faible absorption systémique, les traitements hormonaux locaux limitent les effets systémiques des estrogènes. (6)

      Des effets secondaires locaux (irritations, brûlures…) peuvent être constatés de façon légèrement plus fréquente avec les crèmes qu’avec les autres formes. (5)

*VVA : vulvo-vaginite atrophique

(1) Benoit T et al. Oestrogénothérapie locale en urologie et en pelvi-périnéologie ; revue de la littérature. Progrès en urologie. 2015 ; 25 : 628-35
(2) Nappi RE et Palacios S. Impact of vulvovaginal atrophy on sexual health and quality of life at postmenopause. Climacteric. 2014 ; 17 : 3-9
(3) Gaspar A et al. Efficacy of erbium : YAG laser treatment compared to topical estriol treatment for symptoms of genitourinary syndrome of menopause. Lasers Surg Med. 2016: 1-9
(4) Sokol ER et al. An assessment of the safety and efficacy of a fractional CO2 laser system for the treatment of vulvaginal atrophy. Menopause: the journal of the North American Menopause Society. 2016 : 1102-7
(5) Sturdee DW, Panay N. Recommandations pour la prise en charge de l’atrophie vaginale post ménopausique. Climacteric. 2010 ; Early Online : 1-28
(6) Lev-Sagie A. Vulvar and Vaginal Atrophy : physiology, Clinical presentation and treatment considerations. Cl Obst Gyn. 2015 : 1-16
(7) Muhleisen AL et al. Menopause and the vaginal microbiome. Maturitas. 2016 : 42-50
(8) Cody JD et al. Oestrogen therapy for the urinary incontinence in post-menopausal women (review).The Cochrane Library 2012
(9) Simon JA et al. Clarifying vaginal atrophy’s impact on sex and relationships (CLOSER) survey : emotional and physical impact of vaginal discomfort on north american postmenopausal women and their partners. Menopause : The Journal of the north american menopause society. 2014 ; 21 (2) : 137-42

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PP-GEP-FRA-0075 –11/2016 -Page mise à jour le : 10/01/2017