Le retour aux pilules de 1ère et 2ème génération pourrait expliquer la diminution du nombre d’embolies pulmonaires chez les femmes en âge de procréer entre 2012 et 2013

La crise des contraceptifs oraux combinés (COC) de fin 2012 a médiatisé le risque accru de survenue de thrombose avec les pilules de 3ème et 4ème génération. Les actions et recommandations des autorités sanitaires qui en ont découlé ont entraîné une modification des comportements vis-à-vis de la contraception. (1)

Modifications des comportements (1)

Le recours à la contraception orale estroprogestative a diminué (-5%) et on note un regain d’intérêt pour les stérilets, imprégnés ou non, et une croissance des implants (+28%).
Au sein des COC, les pilules de 1ère et 2nde génération étaient déjà très implantées avec 50% du marché en 2009. Entre 2012 et 2013, elles ont encore progressé de plus de 30% alors que l’utilisation des 3ème et 4ème génération s’est logiquement effondrée (-45%).

Conséquences en terme de santé publique (1)

Il était logique de supposer que ce changement du paysage contraceptif pourrait avoir des conséquences en terme de santé publique. C’est la raison pour laquelle une étude sur le nombre de femmes en âge de procréer hospitalisées pour embolie pulmonaire a été menée.

Le nombre de femmes concernées par les embolies pulmonaires en France en 2013 a été comparé à celui de l’année 2012, ainsi qu’à la moyenne des hospitalisations pour embolie pulmonaire entre 2010 et 2012. Plusieurs analyses complémentaires ont été réalisées, notamment la comparaison du nombre de sujets hospitalisés pour embolie pulmonaire dans deux populations témoins non utilisatrices de COC (femmes de 50 à 69 ans, hommes de 15 à 49 ans).
L’analyse a été effectuée à partir des données du programme de médicalisation des systèmes d’information de Médecine- Chirurgie-Obstétrique (PMSI-MCO). Elles ne pouvaient pas être uniquement reliées à la prise de COC. C’est pourquoi ces résultats ne sont pas suffisants pour affirmer l’effet bénéfique des modifications du mode de contraception sur la morbidité thromboembolique veineuse.

Néanmoins, le nombre d’hospitalisations pour embolie pulmonaire observé en 2013 est inférieur à celui de 2012, avec une baisse de 11,2%. (IC95% = -12,3% ; -10,1%).

Nombre de femmes hospitalisées pour embolie pulmonaire en France

Ce nombre est également bien inférieur à la moyenne observée entre 2010 et 2012 (-9,2% : IC95% = -10,3% ; -8,2%) alors que dans les populations témoins la diminution observée entre 2012 et 2013 était très faible (-3,5% chez les femmes de 50 à 69 ans : IC95% = -4,1% ; -3,0%) ou avait augmenté (4% chez les hommes de 15 à 49 ans : IC95% = 3,2% ; 4,8%).

Référence:
1. ANSM. Impact de la modification récente des méthodes de contraception en France sur la survenue d’embolies pulmonaires chez les femmes de 15 à 49 ans. www.ansm.sante.fr