Douleurs neuropathiques : de multiples situations étiologiques

L’incidence de la douleur neuropathique est probablement sous-estimée.
En France, la prévalence estimée avec l’outil DN4 est de 7% de la population générale. En médecine générale, cela représente 6 à 7 patients par mois, en centre de traitement de la douleur, 25% des patients. (1)
Principales étiologies
 

En population générale, les principales étiologies des douleurs neuropathiques chez l’adulte sont les suivantes (2) :

Au plan périphérique :

  • Les radiculopathies : hernie discale, canal lombaire étroit, post-chirurgie du rachis…
  • Les mononeuropathies/plexopathies : mononeuropathies post-chirurgicales ou post-traumatiques, syndromes canalaires (canal carpien…), douleurs post-zostériennes, douleurs neuropathiques associées au cancer (par compression ou envahissement nerveux), plexopathies post-radiques
  • Les polyneuropathies : neuropathies du diabète, polyneuropathies à petites fibres, neuropathies alcooliques, neuropathies toxiques ou chimio-induites
  • Plus rarement : neuropathies du VIH, neuropathies des maladies de système (lupus, panartérite noueuse, Gougerot-Sjögren, amylose), neuropathies carentielles ou métaboliques (autres que l’alcool), neuropathies médicamenteuses et neuropathies génétiques (maladie de Fabry)

Au plan central :

  • Accident vasculaire cérébral
  • Lésions médullaires traumatiques
  • Sclérose en plaques
  • Plus rarement: syringomyélie, autres lésions médullaires (tumeurs, lésions vasculaires) et lésions cérébrales (autres que les AVC)

En dépit de ces fréquences, le risque de développer une douleur neuropathique n’est pas égal entre les pathologies. On estime à 5% le nombre de patients souffrant de douleurs neuropathiques dans les neuropathies périphériques, à 7% (à 1 an) dans le zona, entre 2 et 8% (à 1 an) après un AVC, à 40% (à 5 ans) dans la sclérose en plaques, à 40% (à 5 ans) en cas de lésion médullaire. Pour ce dernier, le risque de survenue ne dépend pas du niveau de la lésion et n’est pas lié au caractère complet ou incomplet de la blessure médullaire. (1)

Principales circonstances pathologiques

Tableau récapitulatif des principales circonstances pathologiques au cours desquelles il est possible de rencontrer des douleurs neuropathiques ainsi que leur mode évolutif et la fréquence de survenue dans le syndrome mentionné lorsque ceux-ci sont connus. (1)

Pour voir le tableau récapitulatif, cliquez ici.

Chez l’enfant, les étiologies en cause diffèrent de chez l’adulte, ce sont les pathologies tumorales, les lésions traumatiques ou post-opératoires qui prédominent. (2)
La SFETD (Société Française d’Etude et de Traitement de la Douleur) recommande d’adresser le patient à un spécialiste en cas d’incertitude ou d’absence de diagnostic étiologique. (2)

Références :

(1) Baud P. Douleurs neuropathiques en pratique quotidienne. Ed John Libbey Eurotext 2007.
(2) Martinez V. et al. Les douleurs neuropathiques chroniques : diagnostic, évaluation et traitement en médecine ambulatoire. Recommandations pour la pratique clinique de la société française d’étude et de traitement de la douleur (SFETD). Douleurs (évaluation-diagnostic-traitement) 2010 : 11, 3-21