AOMI : maladie souvent asymptomatique

L'artériopathie oblitérante des membres inférieurs (AOMI) est caractérisée par un rétrécissement du calibre des artères qui irriguent les membres inférieurs. (1) Les conséquences de l’obstruction artérielle ou de la sténose sont variables. Les formes asymptomatiques dominent. Lorsqu’elle existe, la symptomatologie va de la claudication des membres inférieurs (CMI) aux douleurs de repos et l’ischémie critique. (2)

 

L’athérosclérose : 1ère cause d’AOMI (2)

Si l’AOMI est la 3e atteinte athéromateuse la plus fréquente après l’atteinte coronaire et cérébro-vasculaire (3), il ne faut toutefois pas oublier qu’il existe d’autres étiologies (appelées artériopathies non scléreuses), plus rares, d’origine dysplasique, inflammatoire ou congénitale. (1) Elles seront évoquées lorsqu’une claudication apparaît chez un sujet jeune ou sans facteur de risque d’athérosclérose. (2)
 

Causes des artériopathies non scléreuses D’après Marchand 2001 (2)

Artérites inflammatoires

Maladie de Buerger (Thromboangéite oblitérante)
Maladie de Takayasu
Maladie de Behçet
Maladie de Horton
Maladie de Kawasaki

Maladies congénitales transmissibles

Elastorrhexie (maladie d’Ehlers-Danlos)
Pseudoxanthome élastique
Mucopolysaccharidoses

Maladies congénitales anatomiques

Coarctation aortique
Artère sciatique persistante
Fibrodysplasie

Pièges anatomiques

Poplitée piégée
Kyste adventitiel
Endartérite iliaque externe du cycliste

Artérite radique

 

Artérite médicamenteuse

Ergotisme
Bléomycine

 

Une évaluation épidémiologique complexe (2)

Le diagnostic d’AOMI peut s’établir à l’aide de questionnaires, d’examen clinique ou de tests non invasifs. Ces méthodes ne sont pas équivalentes et le diagnostic lui-même n’est pas toujours simple. De nombreuses situations peuvent conduire à des erreurs diagnostiques.
De plus, si on considère la claudication, elle n’est pas directement synonyme d’artériopathie. Elle peut avoir d’autres causes, entre-autres, s’apparenter au vieillissement naturel.
L’index de pression systolique (IPS) cheville-bras s’est progressivement affirmé comme un outil incontournable d’évaluation, tant au plan diagnostique qu’au plan de l’évaluation épidémiologique.
Un IPS < 0, 9 au repos est utilisé. Sa sensibilité est de 95% pour dépister des anomalies à l’artériographie et sa spécificité approche les 100% dans la détection des sujets sains.

L’incidence annuelle de la claudification est dépendante de l’âge. Elle peut passer de 0,12-0,19 % avant 50 ans à 0,94% après 65 ans. Elle dépend aussi du sexe, des conditions sociales et géographiques.
L’incidence de l’artériopathie asymptomatique est évaluée à 10% entre 55 et 74 ans.

Des facteurs de risque identifiés (2)

  • L’âge : la prévalence est 2,5 à 5 fois plus importante après 50 ans par rapport à celle observée avant cet âge (1 à 2% avant 50 ans, 5% après)
  • Le sexe : la prévalence est nettement plus élevée chez l’homme : le ratio homme/femme est de 2:1 au stade de la claudication intermittente et de 3 :1 jusqu’à 13:1 dans les stades plus avancés
  • Le tabac : le risque d’AOMI est 3 fois plus élevé chez les fumeurs
  • Le diabète : 50% des amputations et 28% des interventions chirurgicales de revascularisation concernent des diabétiques
  • L’hypertension artérielle : le risque d’AOMI est multiplié par 2,5 chez un homme hypertendu et par 3,9 chez une femme hypertendue
  • Les dyslipidémies : un taux de cholestérol total > 2,7 g/l suffit à multiplier le risque par 2. Le ratio cholestérol total/HDL cholestérol est un critère prédictif fort
  • Le fibrinogène : il serait à la fois facteur d’athérosclérose et de thrombose
  • L’hyperhomocystéinémie : c’est un facteur de risque indépendant clairement établi ; L’incidence de l’hyperhomocystéinémie est de 60% chez les personnes atteintes de maladie vasculaire et de seulement 1% dans la population générale

La conjugaison de plusieurs facteurs de risque cardiovasculaires a un effet multiplicatif. L’association du tabac à d’autres facteurs de risque est marquante.

 

 

Bien qu’elle fasse partie intégrante des maladies athéromateuses, l’AOMI est encore sous diagnostiquée. (1)

Le pronostic vital des malades est engagé du fait de l’atteinte concomitante des coronaires et des artères cérébrales, ce qui justifie d’insister sur l’importance du dépistage et l’identification des facteurs de risques. (2)

 

 

Références :

1. Vidal. Artériopathie des membres inférieurs. La maladie. https://www.vidal.fr/recommandations/1472/arteriopathie_des_membres_infe... (consulté le 04/09/2017)
2. Marchand G. Epidémiologie et facteurs de risque de l’artériopathie oblitérante des membres inférieurs. Ann Cardiol Angéiol 2001 : 50, 199-27
3. Aboyans V. Epidémiologie et intérêt clinique de l’IPS dans l’AOMI. Réalités cardiologiques. N°286. Avril 2012