Maladie coronarienne stable : 3ème cause d’ALD en France

En 2012, la maladie coronarienne stable représente la 3ème cause d’ALD la plus fréquente en France et celle-ci augmente avec l’âge, constituant ainsi un véritable problème de santé publique. (1)

 

La maladie coronarienne étant polymorphe, sa prévalence et son incidence sont difficiles à évaluer. (1)

Les chiffres en France

En 2013, une étude pharmaco-économique a évalué la prévalence des maladies cardiovasculaires sur la base des données de l’assurance maladie. Cette étude a montré que : (2)

  • 1 467 300 personnes souffraient de maladies coronariennes en France (âge moyen 71,2 ans, 65,7% d’hommes)
  • En 2012, les taux d’hospitalisation s’élevaient à 
    • Maladie ischémique : 339/100 000
    • Syndrome coronarien aigu :  188/100 000
    • Infarctus du myocarde : 94/100 000
  • 20,98% des personnes de 65 ans et plus avaient reçu au moins un traitement pour une coronaropathie (32,86% pour les hommes et 12,85% pour les femmes). Ce taux variait en fonction de la région française considérée.
  • Parmi les patients pris en charge médicalement pour coronaropathies, un grand nombre présentait également d’autres comorbidités :
    • Troubles de la conduction cardiaque/arythmie : 17,9%
    • Insuffisance cardiaque : 13,5%
    • Maladie artérielle périphérique : 10,7%
    • Antécédents d’AVC : 6,3%
    • Maladie valvulaire cardiaque 5,7%
    • Embolie pulmonaire : 0,3%.
       


 

Alors que la prévalence des coronaropathies n’a pas tendance à diminuer, le taux de mortalité annuelle diminue, suggérant une amélioration du pronostic pour ces patients et une meilleure gestion des événements coronariens aigus, ainsi que des facteurs de risque en prévention secondaire. (1)

Une étude de cohorte française, menée auprès de 4184 sujets présentant une maladie coronarienne, traitée, stable en 2010 et 2011, mettait en évidence que le taux de mortalité chez ces personnes (3,3/100 patients-années) était similaire à celui de la population générale (p=0,93). La plupart des décès n’étaient d’ailleurs pas d’origine cardiovasculaire. (3) 

L’angor et l’IDM à travers le monde : une mortalité qui diminue, une charge qui augmente

Les données les plus récentes de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estiment que la prévalence mondiale de l’angor est d’environ
54 millions. (4) 
 

Prévalence mondiale de l’angor par région selon l’OMS (4)

Région OMS Prévalence (millions)
Afrique 2,0
Amériques 6,3
Est de la Méditerranée 4,1
Europe 17,2
Asie du Sud-Est 16,0
Région Pacifique Ouest 8,2

 

Selon l’étude GBD (Global Burden of Disease, 2010), les taux de prévalence de l’angor normalisés selon l’âge entre 1990 et 2010, recueillis dans les 21 régions du monde couvertes par cette étude, ont diminué de 21,9 à 20,3 pour 100 000 chez l’homme et de 17,7 à 15,9 pour 100 000
chez la femme.
(5)

En Australie, en Europe de l’Ouest et en Amérique du Nord, la prévalence a chuté d’au moins cinq points de pourcentage chez l’homme et de près de quatre points de pourcentage chez la femme.(5)

Dans la plupart des régions, les taux d’incidence et de mortalité liés à la cardiopathie ischémique diminuent, mais la charge globale des cardiopathies ischémiques augmente avec la croissance et le vieillissement de la population. L’angor est le principal contributeur au handicap associé aux cardiopathies ischémiques en Europe de l’Est et en Asie centrale. (5)


Carte du monde avec les années vécues avec une incapacité attribuable à une cardiopathie ischémique,


L’augmentation du nombre de sujets atteints de cardiopathies ischémiques et la contribution majeure de l’angor au nombre d’années vécues avec une incapacité soulignent l’importance de la qualité de vie comme critère de référence de Santé Publique. Bien que l’incidence de l’IDM aigu soit élevée dans de nombreuses régions, l’étude GBD 2010 a observé que la charge due à l’angor était supérieure à celle de l’IDM aigu non fatal car, en l’absence d’angor ou d’insuffisance cardiaque, les symptômes de l’IDM aigu persistent rarement au-delà de 30 jours. (5)

 

 

Les traitements préventifs, notamment les antiagrégants plaquettaires, les bêtabloquants, les inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine (IEC), les antagonistes des récepteurs de l’angiotensine (ARAII) et les statines sont les piliers du traitement des cardiopathies ischémiques. (6)

Ils ont changé le pronostic des malades dans les pays européens mais restent insuffisamment utilisés dans le monde, en particulier dans les régions à revenu faible et les régions rurales. (6)

 

 

Références :

1. HAS. Les parcours de soins. Maladie coronarienne stable. Juillet 2014
2. Tuppin
P et al. Prevalence and economic burden of cardiovascular disease in France in 2013 according to the national health insurance scheme database. Arch Card Dis. 2016 ;109:399-411
3. Bauters
C et al. Prognosis of patients with stable coronary artery disease (from the CORONOR study). Am J Cardiol, 2014;113:1142-5
4. World Health Organization. The global burden of disease 2004 update.
http://www.who.int/healthinfo/global_burden_disease/GBD_report_2004update_full.pdf. Publié en 2008. Consulté le 04 août 2017
5. Moran AE et al. The global burden of ischemic heart disease in 1990 and 2010: the global burden of disease 2010 study. Circulation. 2014;129(14):1493-501
6. Yusuf S et al. Use of secondary prevention drugs for cardiovascular disease in the community in high-income, middle-income, and low-income countries (the PURE Study): a prospective epidemiological survey. Lancet. 2011;378 (9798):1231-43