Epidémiologie

En France, la population des plus de 60 ans représente près de 17 millions de personnes (1). L’âge étant un facteur de risque majeur de maladies cardiovasculaires (MCV), (2) on en mesure aisément les conséquences en termes de santé publique. 

 

La France compte une population vieillissante

En France, le vieillissement de la population française subit une accélération particulièrement prononcée depuis 2006 et qui se poursuivra jusqu’en 2035, passant de 12,8 millions de sujets de plus de 60 ans en 2006 à 20,9 millions en 2035. (3)

Ce phénomène est lié à l’arrivée à ces âges des générations issues du « baby-boom », c’est-à-dire les personnes nées entre 1946 et 1975. Les projections de l’INSEE indiquent que la hausse serait plus modérée ensuite entre 2035 et 2050.  Au 1er janvier 2050, la France métropolitaine compterait 70 millions d’habitants, soit 9,3 millions de plus qu’en 2005, et un habitant sur trois serait âgé de 65 ans ou plus, contre un sur cinq en 2005. (3)

 

 

En 2005, la part des personnes de 65 ans ou plus représentait 16,4% de la population. Elle est estimée à 20,1% pour 2020, 23,2% pour 2030 et 26,2% pour 2050. (3)

 

 

L’âge est un facteur de risque majeur de MCV

Les maladies cardiovasculaires et cardio-neurovasculaires sont la première cause de mortalité dans le monde, la deuxième en France (la première pour les femmes) juste après le cancer. (4) Malgré les progrès médicaux et la baisse de la morbi-mortalité, les maladies cardio-neurovasculaires restent à l’origine d’environ 144 000 morts par an en France en 2011, soit 27% de l’ensemble des décès. (5)
Plus précisément, l’ischémie cardiaque est la cause de 7% des décès et les maladies neurovasculaires de 6%. (5)

Les MCV les plus fréquentes chez les sujet ≥ 20 ans sont :

  • les coronaropathies (3,6%)
  • les troubles de la conduction (2,7%)
  • l’AVC (1,5%)
  • l’insuffisance cardiaque (1,4%)
  • les maladies artérielles périphériques (1,3%). (5)

La prévalence des MCV augmente fortement avec l’âge, tout particulièrement chez l’homme : 43% des hommes ≥ 75 ans ont au moins un traitement remboursé pour une MCV contre 29% des femmes du même groupe d’âge. (5)

Les MCV les plus communément observées chez les sujets de 75 ans et plus sont les coronaropathies (20% et 9%) et les troubles de la conduction (17% et 12%).  Sur la base du taux standardisé des individus recevant au moins un traitement remboursé dans le cadre de la prise en charge des MCV, on peut constater une forte disparité entre les différentes régions françaises. Les taux les plus élevés se trouvent au Nord de la France et dans les régions de l’Est. (5)



 

 

 

Au regard de cette évolution et de ses conséquences en termes de santé publique et d’économie, il est logique de s’interroger sur l’action qu’il est possible d’avoir sur ces facteurs de risque et de se consacrer notamment aux MCV athéroscléreuses et à l’hypertension(2), qui sont des facteurs de risque de MCV potentiellement modifiables, contrairement à l’âge. (6)

 

 

Références :

1. Insee. Evolution de la population - bilan démographique. 2016 https://www.insee.fr/fr/statistiques/1892117?sommaire=1912926&q=populati... (consulté le 08/02/2017)
2. Lakatta
EG. Age-associated cardiovascular changes in health: impact on cardiovascular disease in older persons. Heart Fail Rev. 2002;7(1):29-49
3. Insee première. Projections de population pour la France métropolitaine à l’horizon 2050. N°1089. Juillet 2006
4. Ministère des affaires sociales et de la santé. Maladies cardiovasculaires (consulté le 08/02/2017)
5. Tuppin
P et al. Prevalence and economic burden of cardiovascular disease in France in 2013 according to the national health insurance scheme database. Archives of Cardiovascular Disease. 2016;109 :399-411
6. Sniderman
AD, Furberg CD. Age as a modifiable risk factor for cardiovascular disease. Lancet. 2008;371:1547-9