AVC : 1ère cause de handicap non traumatique 

La sévérité d’un accident vasculaire cérébral (AVC) est variable, allant de l’accident ischémique transitoire qui régresse en quelques minutes, à l’AVC gravissime conduisant au décès en quelques heures ou quelques jours, en passant par l’AVC qui laissera des séquelles définitives plus ou moins lourdes. (1)
Il est, en effet, la 1re cause de handicap non traumatique, avec 30 000 patients souffrant de lourdes séquelles à 1 an. (2)

 

Complications et séquelles(2)

La survenue de complications au cours de l’évolution d’un AVC est fréquente, et leur nature peut être très diverse :

  • Des complications neurologiques et psychiatriques telles que : épilepsie, spasticité, démence, anxiété, dépression
  • Des chutes
  • Des complications liées à l’hypomobilité : thrombo-embolisme, rétractions tendineuses et déformations squelettiques, complications orthopédiques ou cutanées (escarres), constipation
  • Dénutrition ou déshydratation
  • Douleur : notamment douleur neurologique
  • Complications infectieuses : pneumopathie de déglutition, infection urinaire, ou d’autres infections comme des complications infectieuses d’escarres, de l’érysipèle…
  • Syndrome hémorragique.

Les séquelles les plus fréquentes et invalidantes sont l'hémiplégie et l’aphasie

La majorité des patients récupère à peu près leur capacité à marcher. Toutefois le contrôle de la motricité du bras et de la main reste souvent altéré. (1)
Une aphasie sévère limitant l’aptitude à communiquer persiste chez environ un tiers des patients. Un autre tiers réussit à communiquer correctement, malgré des séquelles. (1)
Pour les autres patients, des séquelles discrètes peuvent aussi s’avérer invalidantes. (1)

Le tableau ci-dessous présente les résultats d’une enquête menée en France chez des personnes ayant des antécédents d’AVC et déclarant la présence de séquelles. Elle a permis d’évaluer la prévalence des séquelles d’AVC à 0,8%. (3)
Ce tableau expose la nature des séquelles déclarées et leur mise en relation avec l’âge des patients. (3)
 

Séquelles déclarées et capacité à marcher 500 mètres et à la préhension déclarées par les personnes avec antécédent d’accident vasculaire cérébral (AVC) et séquelles et association avec l’âge (France, 2008-2009)
Extrait du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH), 2012 (3)

AVC avec séquelles < 60 ans 60 - 75 ans ≥ 75 ans pa Tous âges

N

321

334

699

 

1354

Séquelles déclarées

%

%

%

 

%

Troubles de l’équilibre

51,4

44,5

53,4

NS

50,3

Troubles de la mémoire

47,1

38,1

42,2

NS

42,1

Parésie ou paralysie d’un ou plusieurs membres

49

31,9

35

*

37,2

Hémiplégie/parésie

39,2

27,8

28,8

NS

30,8

Troubles du langage ou de l’articulation

40,5

27,4

34,9

NS

33,9

Troubles visuels

35,6

15,8

22

**

23,1

Troubles sensitifs

27,4

17

17,7

*

19,6

Incontinence urinaire

7,1

12,1

23,4

***

16,5

Troubles de la déglutition

11,8

9,4

16,4

0,05

13,3

Capacité à marcher 500 mètres en terrain plat (sans aide technique ni humaine)

      ***  

Oui, sans difficulté

53,2 53,3 17,1

 

35,7

Oui, avec quelques difficultés

11,8

14,4

13,3

 

13,3

Oui, avec beaucoup de difficultés

9,0

6,1

9,4

 

8,3

Non, je ne peux pas du tout

26,1

26,2

60,2

 

42,7

Capacité à prendre un objet avec les mains

      NS  

Oui, sans difficulté

56,3

67,6

56,1

 

59,6

Oui, mais uniquement de la main dominante

19,3 16,8 21,0

 

19,4

Oui, mais uniquement de la main non dominante

16,6

8,9

11,8

 

12,0

Non, je ne peux pas du tout

7,9

6,8

11,0

 

9,1

a Association entre l’âge et les différentes variables déclaratives de séquelles, la variable sur la capacité à marcher 500 mètres et la variable sur la capacité de prendre un objet avec les mains en analyse bivariée ; NS : non significatif ; * p<0,05 ; ** p<10-2 ; *** p < 10-3.
Sources : Enquêtes HSM 2008 (N=29 931) et HSI 2009 (N=9 104), Insee‑Drees.
Champ : France entière, personnes ayant déclaré des séquelles d’AVC (tous âges pour les questions sur les séquelles, ≥5 ans pour les autres questions).

 

L’impact de ces séquelles sur les activités quotidiennes est fréquent. (3)





Près de la moitié des personnes avec séquelles ont déclaré avoir des difficultés pour au moins une des 7 activités énumérées (contre seulement 3,6% dans la population sans antécédent d’AVC). (3)

Des risques (1)

Les patients qui ont été victimes d’un premier AVC doivent faire face à divers risques de santé, tels que la survenue d’un nouvel AVC ou infarctus du myocarde.

La prise en charge des facteurs de risque : hypertension artérielle ou hypercholestérolémie, l’administration de médicaments antiplaquettaires ou anticoagulants, le traitement chirurgical (ou par voie endovasculaire) de sténoses artérielles ou de malformations vasculaires, permettent de diminuer significativement le risque de récidive.

Il ne faut pas négliger non plus :

  • la dépression, chez environ 30 % des patients dans l’année suivant un AVC. Elle altère la qualité de vie du patient et réduit sa capacité de récupération.
  • le déclin cognitif (ou une démence), dont les risques sont augmentés après un AVC.
  • les crises d’épilepsie liées à la cicatrice cérébrale de l’AVC et faciles à contrôler par un traitement.

Le suivi régulier des patients est particulièrement important pour prévenir ces risques ou les dépister tôt.

 

 

 Globalement, on estime qu’un an après un AVC, 30 % des patients sont décédés.

Bon nombre de survivants gardent des séquelles importantes, remettant en cause leur autonomie dans leur vie quotidienne. (1)

Si l’on ajoute à cela le fait que le risque de récidive est élevé : entre 30 à 43% à 5 ans (2), on comprend vite l’enjeu d’une bonne connaissance de ces risques, d’une prise en charge efficace et précoce et d’une prévention appropriée. 

 

 

Références :

1. Inserm. AVC - Accident vasculaire cérébral. https://www.inserm.fr/thematiques/neurosciences-sciences-cognitives-neurologie-psychiatrie/dossiers-d-information/avc-accident-vasculaire-cerebral (consulté le 10/09/2017)
2. HAS. Guide - Affection de longue durée. Accident vasculaire cérébral. Mars 2007
3. De Peretti C et al. Prévalence des accidents vasculaires cérébraux et de leurs séquelles et impact sur les activités de la vie quotidienne : apport des enquêtes déclaratives Handicap-santé-ménages et Handicap-santé-institution, 2008-2009. Bulletin épidémiologique hebdomadaire - Institut de Veille Sanitaire 1. 10 janvier 2012